(ABC Bourse) - Déjà principal actionnaire de Fnac Darty, Daniel Kretinsky monte au capital avec une offre publique d’achat à plus d’un milliard d’euros. Objectif : sécuriser le contrôle du groupe face aux appétits étrangers.

Le jeu d’influences autour de Fnac Darty s’accélère. Ce lundi, l’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky a lancé une offre publique d’achat (OPA) sur le géant français de la distribution spécialisée. À travers son groupe EP, il propose 36 euros par action, valorisant l’entreprise à plus d’un milliard d’euros. "Le conseil d’administration de Fnac Darty a unanimement accueilli favorablement l’offre", indique le communiqué publié par le groupe.
Déjà actionnaire à hauteur de 28,5 %, Daniel Kretinsky entend franchir la barre des 50 % du capital pour devenir actionnaire majoritaire. Le prix proposé représente une prime de "24 % et 26 % sur la moyenne des cours de Bourse pondérée par les volumes sur 1 et 3 mois", précise EP Group. Le montant estimé pour atteindre ce seuil dépasserait les 230 millions d’euros.
Une opération qui ne sortira pas Fnac Darty de la Bourse
Malgré l’OPA, l’intention affichée par EP Group n’est pas de retirer le groupe de la cote. L’offre sera déposée auprès de l’Autorité des marchés financiers avant la fin du premier trimestre 2026. "EP Group n’a pas l’intention de mettre en œuvre une procédure de retrait obligataire", précise le document officiel.
Fnac Darty, avec ses 1 500 magasins répartis dans 14 pays et un chiffre d’affaires de plus de 10 milliards d’euros, reste un acteur stratégique dans le paysage économique français. L’opération de Daniel Kretinsky vise aussi à rassurer face à une montée en puissance redoutée du groupe chinois JD.com.
Une réponse directe aux ambitions de JD.com via Ceconomy
En toile de fond de cette OPA, une autre manœuvre capitalistique se joue. Le distributeur allemand Ceconomy, qui détient plus de 20 % de Fnac Darty, est en passe d’être racheté par JD.com. Ce dernier pourrait ainsi devenir indirectement le deuxième actionnaire du groupe français, ce qui a suscité l’inquiétude de Bercy. L’État avait d’ailleurs exigé de JD.com et Ceconomy qu’ils s’engagent à ne pas augmenter leur participation, ce qu’ils ont accepté fin novembre.
Pour l’heure, ni Ceconomy ni JD.com n’ont réagi publiquement à l’annonce de cette offre portée par Daniel Kretinsky.
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